Chaque enregistreur est équipé d'une balise sub-aquatique ou ULB (Underwater Locator Beacon) permettant de le localiser si l'accident survient au-dessus de la mer. Le système appelé "émetteur acoustique" est activé lorsque l'enregistreur est immergé dans l'eau. Il émet un signal à 37,5 KHz pouvant être détecté à l'aide d'un récepteur spécial. La radiobalise peut émettre jusqu'à une profondeur de 4 000 mètres.
Après un accident, les deux enregistreurs sont immédiatement recherchés et transportés au siège du NTSB à Washington D.C. pour être exploités. À l'aide d'équipements informatique et audio sophistiqués, les informations stockées dans les enregistreurs sont extraites et transcrites dans un format compréhensible. Le responsable de l'enquête utilise ces informations comme l'un des nombreux outils qui aident le NTSB à déterminer la cause probable de l'accident.
L'enregistreur phonique enregistre les voix de l'équipage du vol, ainsi que les autres sons à l'intérieur du poste de pilotage. Le microphone de l'enregistreur se trouve généralement sur le panneau d'instruments de plafond, entre les deux pilotes. Les sons susceptibles d'intéresser un enquêteur sont le bruit du moteur, les avertissements de décrochage, la sortie et la rentrée du train d'atterrissage, ainsi que tous les autres petits bruits. Ces sons permettent souvent de déterminer des paramètres tels que le régime du moteur, les pannes de système, la vitesse et l'heure à laquelle certains événements se produisent Les échanges avec le contrôleur aérien, les bulletins météo par radio automatisés, ainsi que les conversations entre les pilotes et le personnel au sol ou en cabine sont également enregistrés.
Un comité CVR, généralement constitué de membres du NTSB, de la FAA, de l'exploitant de l'avion, de son constructeur, ainsi que du constructeur des moteurs et du syndicat des pilotes, est formé pour écouter l'enregistrement. Ce comité rédige une transcription de la bande CVR qui servira au cours de l'enquête. Les bandes du contrôle du trafic aérien de la FAA ainsi que leurs codes horaires associés servent à déterminer l'heure standard locale d'un ou de plusieurs événements lors de l'accident. Ces heures permettent de trouver l'heure locale de chaque événement apparaissant sur la transcription. Pour obtenir une chronologie plus précise concernant des événements critiques, un logiciel d'analyse spectrale peut être utilisé. Cette transcription contient toutes les parties pertinentes de l'enregistrement et peut être dévoilée au public lors de l'audience publique du NTSB.
Les enregistrements du CVR sont traités différemment des autres informations concrètes obtenues lors de l'enquête sur un accident. En raison de la nature extrêmement sensible des conversations au sein du poste de pilotage, le Congrès a exigé du NTSB de ne divulguer aucun enregistrement audio du CVR. Un niveau de sécurité élevé est appliqué à l'enregistrement CVR et à sa transcription à cause de ce caractère sensible. Le contenu et la date de parution de la transcription font l'objet de mesures strictes : selon la loi fédérale, les transcriptions des parties pertinentes des enregistrements phoniques sont dévoilées lors de l'audience publique organisée par le NTSB sur l'accident ou, si aucune audience n'est organisée, lorsqu'une majorité des rapports sur les faits sont rendus publics.
L'enregistreur de paramètres
L'enregistreur de paramètres embarqué enregistre de nombreuses informations de fonctionnement différentes concernant le vol. Selon le règlement, tout avion de fabrication récente doit surveiller au moins quatre-vingt-huit paramètres importants tels que le temps, l'altitude, la vitesse, le cap et le comportement de l'avion. Certains enregistreurs de paramètres peuvent enregistrer l'état de plus de 1 000 autres paramètres de vol pouvant être exploités lors de l'enquête. Les éléments surveillés vont de la position des gouvernes au mode de pilotage automatique ou même jusqu'aux alertes des détecteurs de fumée.
À l'aide des données provenant du FDR, le NTSB peut générer une reconstitution vidéo animée du vol par ordinateur. L'enquêteur peut ensuite visualiser le comportement de l'avion, la lecture des instruments, les paramètres d'alimentation et d'autres caractéristiques du vol. Cette animation permet à l'équipe d'enquête de visualiser les derniers moments du vol avant l'accident.
L'enregistreur de paramètres comme l'enregistreur phonique se sont avérés utiles lors du processus d'enquête de l'accident. Ils peuvent fournir des informations difficiles, voir impossible à obtenir par d'autres moyens. Les enregistreurs, lorsqu'ils sont utilisés en conjonction avec les autres informations obtenues au cours de l'enquête, jouent un rôle toujours plus important dans la détermination de la cause probable d'un accident d'avion.
Spécifications
| Enregistreur de paramètres | ||
| Durée d'enregistrement | 25 heures en continu | |
| Nombre de paramètres | 18 – 1 000+ | |
| Tolérance d'impact | 3 400G /6,5 ms | |
| Résistance au feu | 1 100 °C / 30 min | |
| Résistance à la pression de l'eau | immersion jusqu'à 6 000 mètres | |
| Balise sub-aquatique ULB | 37,5 KHz ; la batterie dispose d'une durée de vie de 6 ans ou plus en veille et de 30 jours après activation | |
| Enregistreur phonique | ||
| Durée d'enregistrement | 30 minutes en continu, 2 heures pour les unités numériques à composant solide | |
| Nombre de canaux | 4 | |
| Tolérance d'impact | 3 400G /6,5 ms | |
| Résistance au feu | 1 100 °C / 30 min | |
| Résistance à la pression de l'eau | immersion jusqu'à 6 000 mètres | |
| Balise sub-aquatique ULB | 37,5 KHz ; la batterie dispose d'une durée de vie de 6 ans ou plus en veille et de 30 jours après activation | |
Mise à jour : 9/2004